" Personne ne commence par bien enseigner. Enseigner à l'université ça s'apprend " Herbert Kohl



Pedamed est une plateforme d'apprentissage en ligne destinée aux professionnels de la santé, et dédiée exclusivement à la pédagogie des sciences de la santé selon les normes modernes en sciences de l'éducation. Par ces apprentissages, Pedamed vise à améliorer et à développer les pratiques pédagogiques et les processus d’enseignement en contexte des sciences de la santé, et à promouvoir par la même occasion les méthodes d'enseignement des professionnels de la santé. Pour atteindre ces objectifs, Pedamed s'appuie sur les apprentissages et les normes pédagogiques de haut niveau. Nos formations sont reconnues par la SOFEDUC Canada. Nous respectons les dix normes de qualité et nous sommes autorisés à émettre des unités d'éducation continue (UEC). Un certificat et une lettre de suivis des apprentissages sont délivrés à la fin de chaque session de formation.


Réflexions sur l'épreuve pédagogique



L’épreuve pédagogique (EP) est la matrice et le fondement du concours de maitrise hospitalo-universitaire où le jury évalue vos connaissances médicales, vos habiletés de communication orales et écrite ainsi que vos habiletés pédagogiques d’enseignement. EP nécessite une planification rigoureuse et ne doit pas être un simple exercice de transmission des connaissances par le biais d’un exposé magistral unidirectionnel et à sens unique. Le jury est agacé par les prestations des candidats lorsque ces derniers remémorent un contenu déjà appris par cœur. Étant expert de votre domaine disciplinaire, le jury souhaiterait évaluer vos habiletés pédagogiques pour enseigner et vos habiletés de communications orales et écrites. À vous de le séduire pédagogiquement parlant.



" Enseigner et apprendre sont des activités interchangeables.

On ne peut enseigner sans apprendre et on ne peut apprendre sans enseigner  " Elbe



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Contributions

Pistes de réflexion pour l’amélioration des concours hospitalo-universitaires

par Lord Pédagogie,

Publié dans Elwatan le 06-09-2020 

Les concours hospitalo-universitaires ont pour but la sélection et le recrutement de futurs professionnels de la santé capables de répondre aux besoins des facultés de médecine dans les domaines de la pédagogie à des fins d’enseignement et de supervision des apprenants, dans le domaine de la recherche médicale et dans la gestion des soins de santé en milieu hospitalier. Ces concours sont une étape importante et souvent considérée comme un moment notable où une décision capitale devrait être prise par les membres du jury pour promouvoir tout un projet de carrière d’un professionnel de la santé. Ces concours sont organisés par le ministère de l’Enseignement supérieur en collaboration avec le ministère de la Santé par le biais d’arrêtés interministériels.

Ces concours sont basés sur des grilles de notation et des barèmes d’évaluation des différentes compétences et habiletés professionnelles des candidats pour s’engager dans une carrière hospitalo-universitaire. Hélas, depuis leur promulgation, ces outils d’évaluation n’ont pas connu de grandes modifications ni de véritables améliorations ou adaptation au regard de l’évolution des données démographiques et des besoins sociétaux en matière de soins. Pour ce faire, les stratégies les plus efficaces pour améliorer les concours hospitalo-universitaires sont particulièrement les contributions de la conférence des doyens visant à réviser les normes de recrutement des futurs enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires, car les critères d’évaluation fondamentaux pour promouvoir la qualité des enseignements et des soins de santé de haut niveau sont principalement la double expertise pédagogique et disciplinaire ou médicale des candidats.

La conférence des doyens a déjà contribué à l'effort pédagogique et introspectif profond pour effectuer la révision et la conception des instruments docimologiques d’évaluation des concours hospitalo-universitaires. La proposition d’amélioration de ces outils englobe plusieurs innovations pédagogiques au service de la qualité des enseignements en particulier et de la formation médicale en général. De plus, la démarche de la conférence des doyens se veut pédagogique et réflexive dont le but ultime est d’améliorer l’impact de la réforme des concours hospitalo-universitaires sur la qualité des soins de santé au service de la société.

Hélas, ce projet de refonte des concours hospitalo-universitaires a été abandonné pour des considérations contextuelles, par la méconnaissance de ses implications pédagogiques importantes par la communauté médicale ainsi que par une certaine résistance au changement de certains responsables hospitalo-universitaires, mais également par l’absence d’écho de la tutelle en sa faveur pour espérer et anticiper une mutation au bénéfice des soins de santé de qualité et de l’amélioration de la formation médicale. De plus, c’est la condition sine qua non pour instaurer la crédibilité et la fiabilité de ces concours, et cela nécessite impérativement une volonté d’adaptation aux normes par tous les partenaires des sciences de la santé.

Cette contribution ne prétend pas fournir toutes les solutions, mais des pistes de réflexion fructueuses ayant pour finalité l’amélioration des outils d’évaluation des concours hospitalo-universitaires, de l’épreuve pédagogique ainsi que les éléments constituant le dossier académique dit administratif et du dossier pédagogique. En d’autres termes, le but de cette contribution est d’argumenter en faveur de la révision des modalités des concours hospitalo-universitaires et de procurer de la visibilité aux impacts pédagogiques majeurs sur la qualité des enseignements, la formation médicale et les soins de santé.

Il est important d’attirer l’attention sur le fait que les instruments et les modes d’évaluation des candidats sont en discordance avec la validité docimologique des grilles de notation et du barème de l’épreuve pédagogique. De plus, ces outils mettent beaucoup plus l’accent et l’emphase sur les dossiers administratifs de soins de santé et des activités scientifiques que sur le dossier pédagogique et les titres pédagogiques. Il est souhaitable que cette tendance soit convertie en faveur du dossier et des titres pédagogiques en regard de leur impact considérable sur la qualité des enseignements, la formation médicale et les soins de santé.

À cet effet, la première innovation de la conférence des doyens consiste en l’instauration des titres pédagogiques qui reflètent les compétences et les habiletés dont devraient justifier les futurs candidats aux concours hospitalo-universitaires comme les compétences pédagogiques pour l’enseignement médical, en communication orale et écrite, en méthodologie de recherche scientifique et de lecture critique d’articles scientifiques. Ces titres s'acquièrent par des apprentissages en contexte de la formation continue, et répondent principalement à des objectifs de perfectionnement professionnel et de développement des habiletés et compétences nécessaires pour compléter la fonction hospitalo-universitaire.

Par ailleurs, il est important de noter que certains jurys aux concours hospitalo-universitaires utilisent peu les critères et les outils docimologiques appropriés pour évaluer les habiletés d'enseignement et de communication orale, car la prestation à l’épreuve pédagogique est basée sur la transmission quantitative des connaissances et centrée sur la discipline médicale. À cet effet, la deuxième innovation de la conférence des doyens est la valorisation de l’épreuve pédagogique par une pondération conséquente, car elle représente la matrice et le fondement de ces concours. Les membres du jury accorderaient plus de chance au candidat de s'exprimer sur ses pratiques et stratégies pédagogiques d'enseignement et de communication orale au lieu de le soumettre à des situations de désintéressement.

De plus, « l’épreuve pédagogique » porte bien son nom pour désigner les pratiques d'enseignement et de communication orale, et mérite d’être évaluée par un outil docimologique valide. En d’autres termes, « L’épreuve pédagogique » ne signifie nullement « épreuve disciplinaire ou épreuve médicale ». Aussi, faut- il doter les membres du jury d’un barème validé et uniformisé d’évaluation centré plus sur les pratiques pédagogiques d’enseignement et de communication orale que sur le contenu disciplinaire ou médical. Aussi, il est nécessaire d’outiller les membres du jury de compétences pédagogiques et communicationnelles pour pouvoir guider et mener à terme et dans la bonne direction l’épreuve pédagogique avec chaque candidat.

La valorisation de l’épreuve pédagogique est une résolution hautement salvatrice avec un impact incontestable sur l’amélioration de la pratique de l'acte d'enseigner en contexte des sciences de la santé. À cet effet, il est important de signaler que « l’épreuve pédagogique et les titres pédagogiques sont les composantes les plus discriminants de tout le concours hospitalo-universitaire ». La conférence des doyens devrait s'assurer de la promotion de la sensibilisation des futurs candidats à la dimension pédagogique de tout concours de recrutement hospitalo-universitaire comme critère d'admission, de nomination et de titularisation.

Comme valeur ajoutée, il faudrait d'emblée considérer les retombées de la sensibilisation et la conscientisation des candidats aux titres et au dossier pédagogique du concours, car il est intéressant et fort probable que la majorité des candidats « tous grades confondus » observent des changements de leurs conceptions des apprentissages et des enseignements en sciences de la santé. De plus, il est souhaitable que ces changements aillent de pair avec l’amélioration des pratiques pédagogiques en milieu hospitalo-universitaire où la réalité de l’environnement socioculturel motivera certainement les candidats à la nécessité de compléter des apprentissages à la pédagogie médicale en contexte de la formation continue.

Aussi, les candidats aux concours hospitalo-universitaires ont souvent tendance à fournir des attestations de prestation d'enseignement auprès des apprenants du milieu médical ou paramédical. Ces attestations représentent un volume horaire quantitatif, car ce dernier ne nous renseigne ni sur l'acquisition des compétences pédagogiques ni sur la qualité des habiletés à enseigner. De plus, l’attestation de prestation d'enseignement est sans valeur académique ni pédagogique. Il serait d'une portée éthique d'exiger du professionnel de la santé tous « grades confondus », qui désireraient enseigner, une certification en pédagogie médicale dans le cadre de la formation continue pour s'assurer de l'acquisition de ces compétences et habiletés d'enseignement en contexte des sciences de la santé.

Pour donner plus de valeur éthique à ces concours, l’instauration d’une lettre de motivation ainsi qu’une entrevue avec chaque candidat constitueraient une étape fondamentale pour promouvoir la sélection des candidats potentiels ayant présenté des compétences et des habiletés conformes au statut d’un hospitalo-universitaire. En d’autres termes, il faut donner la parole et la chance à chaque candidat d’exprimer ses intentions, ses engagements et ses motivations à occuper un poste de médecin enseignant chercheur hospitalo-universitaire ou de chefferie de service. Pour cette dernière, il est vivement recommandé à chaque professeur candidat de proposer un véritable « projet de service » sous forme de document écrit et exposé devant le jury. Ce projet s’articulera autour de trois composantes : un projet pédagogique pour l’amélioration de la formation médicale, un projet d’actions de recherche scientifique et d’encadrement des thèses et un projet d’amélioration de la qualité des soins de santé, car le dossier administratif est peu fiable et peu discriminant pour évaluer au mieux celui qui pourrait occuper la fonction de chef de service.

Finalement, il est nécessaire de revisiter les textes et les arrêtés interministériels régissant les concours de recrutement des enseignants hospitalo-universitaires afin de s’adapter à l'évolution de la réalité professionnelle et pédagogique des sciences de la santé. Par leur impact et effet discriminant, les principes de l'épreuve pédagogique et les titres pédagogiques dont la certification en pédagogie des sciences de la santé, devraient être soutenus et promus comme outil de sensibilisation, de conscientisation, de sélection et de promotion des professionnels de la santé.

Références

  • Boelen C. Consensus mondial sur la responsabilité sociale des facultés de médecine. Santé publique 2011 ; 23 : 247-50
  • Arrêté n°1084 du 20 novembre 2017 portant ouverture d’un concours sur épreuves en vue de l’accès au grade de maître assistant hospitalo-universitaire.
  • Arrêté interministériel du 1er juin 2020, portant ouverture du concours. Annexe à l'arrêté interministériel du 1er juin 2020, portant ouverture du concours.

 


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FMC - Indignez-vous sur la qualité des formations médicales continues

par Lord Pédagogie,

Publié dans Elwatan le 05 - 04 - 2020

La formation médicale continue (FMC) est au centre d’un grand débat dans les milieux de santé, car il est reconnu qu’aucun professionnel de la santé ne peut prétendre exercer son métier avec les seuls acquis de sa formation médicale ou universitaire initiale. Ceci est vrai pour toutes les activités professionnelles et surtout dans le domaine médical. L’exercice professionnel amène tout médecin à constater de possibles besoins d’apprentissage complémentaire en particulier au regard de l’évolution rapide des soins de santé, des savoirs et du développement de nouvelles techniques et compétences médicales.

La FMC est sans aucun doute l’investissement le plus sûr qui permettra d’améliorer la qualité des services de soins offerts à la société, et de rehausser le niveau des pratiques et des compétences dans tous les domaines disciplinaires ou de spécialisations. Pour ce faire, les organisations de formation doivent impérativement prêter une attention particulière aux impacts et retombées positives de la FMC sur les pratiques des professionnels de la santé et sur la qualité des services de soins offerts à la population en particulier et de la société en général.

La nécessité de faire des apprentissages complémentaires ne fait que débuter et être présente durant toute la carrière d’un professionnel de la santé, car ce siècle est caractérisé par un renouvellement rapide des connaissances et il est difficile pour un professionnel de la santé de demeurer au fait des dernières données scientifiques disponibles. En d’autres termes, la FMC est le lieu idéal pour la mise à jour des connaissances et des compétences pour favoriser le transfert des apprentissages et finalement de se tenir au fait des pratiques et techniques de soin les plus récentes.

En général, la FMC répond principalement à des objectifs de perfectionnement et de développement des compétences et des habiletés professionnelles requises pour assumer une ou plusieurs fonctions de soins. À cet effet et avant que tout médecin s’engage en FCM, il est de son droit élémentaire d’exiger de l’organisation de formation son accréditation par un organisme autonome et compétent pédagogiquement parlant, et non pas sur une simple présentation d’une autorisation administrative d’exercice professionnelle.

Il est également du droit élémentaire du médecin de consulter les critères pédagogiques reflétant la qualité des apprentissages, des enseignements, ainsi que les compétences tant pédagogiques que disciplinaires du formateur. Il ne suffit pas au formateur d’être expert dans son domaine médical, mais également d’être doté d’expertise pédagogique pour assurer des apprentissages et des enseignements de qualité selon les normes en vigueur d’autant que les pratiques et les compétences pédagogiques ont un impact sur la pratique medicale et la qualité des soins de santé.

Sans prétendre avancer qu’il existe en Algérie une grande culture de formation médicale continue, cette dernière est en plein essor grâce aux multiples offres de formations des différentes organisations de formation notamment privées dans tous les champs disciplinaires en sciences de la santé. La gestion tant académique que pédagogique de cet important bassin de fournisseurs de FMC pose de nombreux problèmes de reconnaissance institutionnelle et surtout la qualité des apprentissages et des enseignements en FMC.

En d’autres termes, la profusion des offres FMC donne matière à réflexion quant à la crédibilité de leur finalité pédagogique, médicale et sociale. De plus, il y a également matière à réflexion quant à la qualité de conception de leurs curriculums de formation, de leurs programmes disciplinaires et de la qualité des formations en termes des apprentissages et des enseignements.

Il en est de même de l’absence d’évaluation de ces formations par un organisme autonome, compétent et doté d’expertise pédagogique reconnue au niveau local. De plus, il est également important de prendre en considération la qualité des FMC en absence des normes de pratiques pédagogiques en vigueur surtout de pratique d’enseignement. En d’autres termes, il y a un vaste champ de réflexion pour discerner et décortiquer tous ces aspects suscités, et surtout pédagogiques de toutes les offres de FMC en Algérie.

Il est d’emblée important de signaler qu’aucun programme en contexte de la formation continue n’est reconnu directement par le ministère de la Santé. Les offres de formation qui prétendent l’être ne le sont que seulement à l’intérieur de leur organisation d’une manière tacite ou implicite en l’absence de toute évaluation de la formation ou par un organisme autonome et compétent dans le domaine de la conception des programmes et des curriculums de formation.

Une attestation de FMC est un document délivré par l’organisation de formation reconnaissant au titulaire un niveau de capacité vérifié par un contrôle ou une évaluation des apprentissages. Dans notre contexte professionnel et socioculturel, une attestation de formation atteste le plus souvent de la participation à une action de formation sans évaluation des apprentissages. À cet effet, une attestation de formation ne prouve en rien la qualité et la profondeur des apprentissages. Ces formations sont le plus souvent à titre informationnelles, unidirectionnelles sur le plan des enseignements et l’impact sur le transfert des apprentissages est souvent limité d’autant que les activités d’apprentissages sont souvent absentes. En général, une attestation de formation médicale continue s’étale sur une à deux journées et totalise en moyenne 8 - 16 heures de formation en présentiel.

De plus, les attestations de formation font rarement partie d'un programme d'apprentissage qui soit cohérent, c'est-à-dire, qui réponde aux exigences d'une planification méthodique et pédagogique des enseignements, des apprentissages et surtout, qui « contextualise » adéquatement les FMC en tenant compte des particularités de la formation de chaque domaine professionnel des soins de santé. De plus, les connaissances acquises par les professionnels de la santé lors de ces formations courtes se traduisent difficilement sur le terrain par la transformation des attitudes, des habiletés et des pratiques cliniques en milieu de santé.

Un certificat en contexte de la formation continue comptabilise 140 heures d’apprentissages étalés sur une période suffisante pour s’assurer de la qualité et de la profondeur des apprentissages, et du transfert des acquis. De plus, un certificat de formation est parachevé par des évaluations formatives et continues des apprentissages selon les normes docimologiques en vigueur, et suivi de rétroaction formative. En d’autres termes, un certificat de formation certifie que l’apprentissage est de qualité et doté d’un programme selon une approche par compétence, des buts de formation claire, des objectifs d’apprentissage précis, de critères d’évaluation cohérents, d’une note finale ainsi qu’une lettre de suivi des apprentissages pour chaque apprenant. Finalement, un certificat peut faire partie d’un curriculum ou programme de formation à l’exemple des universités de l’Amérique du Nord.

Par ailleurs, l’absence d’un organisme autonome et compétent en évaluation des programmes de FMC en Algérie, les fournisseurs de formations sont confrontés à la reconnaissance académique et pédagogique de leur programme disciplinaire. De plus, il existe un vide juridique pour la reconnaissance de ces formations au ministère de la Santé, et voire l’absence de ressources humaines compétentes pour l’évaluation pédagogique des programmes disciplinaires en contexte de la FMC.  Certains organismes de formation Algériens se sont orientés vers des institutions européennes et canadiennes pour faire reconnaitre et faire valoir leur programme de formation selon les normes pédagogiques en vigueur.

Selon la société de formation et d’éducation continues au Canada, une formation continue est reconnue et validée compte tenu du respect de dix critères de qualité pédagogique et administrative. Il est exigé des organismes fournisseurs de formation continue de respecter les dix normes de qualité afin d’être autorisé à émettre des unités d’éducation continue (UEC). Cet organisme autonome définit l’UEC comme dix heures de participation à une activité structurée de formation, organisée et dirigée par une organisation accréditée, animée par des formateurs compétents et sanctionnés par une évaluation des apprentissages.

Il est important à ce que le ministère de la Santé comble le vide juridique pour reconnaitre et promouvoir un organisme autonome pour la reconnaissance académique et pédagogique des programmes disciplinaires, car promouvoir la culture de la FMC est à la base du développement des compétences dans toutes les activités et domaines scientifiques et professionnels. Il est également important pour le ministère de la Santé d’encourager les organismes privés fournisseurs des services de formation continue de qualité selon les normes pédagogiques en vigueur.  

Finalement, on ne rappellera jamais assez que le bricolage et l’amateurisme dans la gestion pédagogique de FMC doivent cesser pour donner la chance aux ressources humaines compétentes de faire valoir leur savoir-faire et savoir agir dans le domaine de la gestion de formation. La notion de certification qualité ou de l’assurance qualité en contexte de FMC doit être soutenue et promue comme outil de gestion des formations tant sur le plan pédagogique que sur le plan administratif.


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Réforme du concours de maîtrise et compétences pédagogiques

par Lord Pédagogie,

Publié dans Elwatan le 17 - 02 - 2018

L'enseignement en contexte des sciences de la santé est à la base de l'amélioration des  formations médicales centrées sur les apprenants et les apprentissages, d'autant qu'il existe une relation significative entre la qualité de l'enseignement dispensé et l'apprentissage en profondeur réalisé. Pour ce faire, chaque faculté de médecine devrait être soumise socialement à une obligation de satisfaire les besoins pédagogiques de ses apprenants et de fournir à la société des médecins autonomes et compétents en mesure d'assurer, partout en Algérie, des soins de santé de qualité. De plus, il est important de signaler que l'enseignement constitue la mission première de toute faculté de médecine, et cela devrait être plus que jamais au cœur des préoccupations des doyens, des conseils pédagogiques nationaux et des autorités facultaires .


Par ailleurs, afin de mieux répondre aux besoins actuels des systèmes d'éducation en sciences de la santé, les responsables du ministère de l'Enseignement supérieur (MESRS) ont déjà entamé de nécessaires réformes du curriculum de formation médicale et du concours de recrutement des enseignants hospitalo-universitaires. Ce dernier est organisé périodiquement pour satisfaire les besoins pédagogiques d'enseignement en milieu de la santé .

Il est admis que les stratégies les plus efficaces pour améliorer la formation médicale sont principalement les contributions pédagogiques de la conférence des doyens en sciences de la santé. Pour ce faire, il est intéressant qu'elle passe en revue les normes de recrutement des futurs enseignants hospitalo-universitaires, car l'un des facteurs pour promouvoir la qualité des enseignements est la compétence pédagogique des formateurs.

Ainsi, la conférence des doyens avait déjà fourni l'effort pédagogique nécessaire d'un premier projet de révision de la grille ou barème d'accès au concours de maîtrise hospitalo-universitaire. Cette nouvelle grille comportait plusieurs innovations et nouveautés pédagogiques au service de la qualité des enseignements en particulier et de la formation médicale en général.
Hélas, elle fut délaissée récemment au détriment de l'ancienne grille qui date de 2009, car la méconnaissance des implications pédagogiques positives de la nouvelle grille et surtout par la résistance au changement des responsables hospitalo-universitaires ont fini par avoir raison d'elle, d'autant que, pour espérer une mutation en faveur de la qualité des soins de santé en milieu hospitalier et de la formation médicale, la nouvelle grille est tout indiquée à être adoptée et appliquée pour tous les futurs concours de recrutement des hospitalo-universitaires.

C'est la condition sine qua non pour espérer une crédibilité et une fiabilité du concours de maîtrise, et pour ce faire, elle nécessite une volonté politique. Le but de cette contribution est d'argumenter en sa faveur et de mettre en évidence ses impacts pédagogiques positifs autant sur la qualité des enseignements que sur la qualité de la formation médicale et des soins de santé en Algérie. A cet effet, la première innovation au crédit de la conférence des doyens de médecine était l'instauration d'une certification en pédagogie médicale, car enseigner la médecine est une activité complexe qui nécessité l'acquisition des compétences pédagogiques.

Ces dernières s'acquièrent par des apprentissages à l'acte d'enseigner en contexte de la formation continue. Ces apprentissages doivent répondre principalement à des objectifs de perfectionnement professionnel et de développement des habiletés d'enseignement.

Par conséquent, pour la constitution du dossier académique, il était recommandé de mentionner à l'adresse des futurs candidats de se doter d'une certification en pédagogie médicale témoignant de leurs aptitudes et habiletés à enseigner selon les normes modernes des sciences de l'éducation. La deuxième innovation de la conférence des doyens de médecine est l'instauration d'une épreuve pédagogique dotée d'une pondération conséquente.

Cette épreuve pédagogique représente la matrice et le fondement du concours de maîtrise où les membres du jury devraient donner la chance au candidat de s'exprimer sur ses pratiques et stratégies d'enseignement, ainsi que sur ses compétences en communication orale. Cette résolution est salvatrice et hautement pédagogique, et aurait pour but la valorisation de l'acte d'enseigner en lui procurant du sens et de la signification en contexte des sciences de la santé.
De plus, la conférence des doyens s'assurait, ainsi, de promouvoir la sensibilisation des futurs candidats à la dimension pédagogique de tout concours de recrutement hospitalo-universitaire comme critère d'admission, de nomination et de titularisation. De plus, les doyens veilleraient certainement à conscientiser les candidats au concours à la nécessité de s'interroger sur leur pratique pédagogique, leur enseignement et les stratégies d'apprentissage de leurs futurs apprenants.
Comme valeur ajoutée aux décisions de la conférence des doyens, il faudrait d'emblée estimer les retombées de la sensibilisation et la conscientisation des futurs candidats à la composante pédagogique au concours de maîtrise, car il est fort probable que la majorité des futurs candidats observent un changement dans leur conception de l'enseignement et de l'apprentissage.

Il est souhaitable que ce changement de conception aille de pair avec une amélioration de leurs pratiques pédagogiques futures en milieu de la santé. Cette perspective passerait au préalable par des apprentissages à la pédagogie universitaire appliquée en sciences de la santé.

Sur un autre plan, il est important de noter que les membres des jurys au concours de maîtrise utilisent peu les critères et les outils docimologiques appropriés pour évaluer les habiletés d'enseignement et de communications orales des candidats. De plus, ces derniers assuraient des prestations d'enseignements selon un modèle traditionnel basé sur la transmission quantitative des connaissances.

L'acte d'enseigner est souvent peu planifié, voir improvisé, et ferait souvent appel au bon sens et à l'intuition pour enseigner. Les candidats n'utilisent ni les bonnes méthodes d'enseignement ni les bonnes stratégies d'apprentissage pour y parvenir, car l'épreuve pédagogique est souvent centrée sur l'expertise disciplinaire plus que sur le processus pédagogique d'enseignement. Ce dernier devrait être évalué de façon crédible, fiable et valide par les membres du jury.

De plus, tout candidat au concours de maîtrise est censé être expert dans son domaine disciplinaire et les membres du jury n'ont pas besoin qu'il en fasse la preuve ni à lui demander de le prouver ou de le justifier. Ainsi, il n'est ni nécessaire ni utile d'évaluer sa capacité à mémoriser ou d'étaler un contenu disciplinaire déjà appris par cœur.

En d'autres termes et comme son nom l'indique, l'épreuve pédagogique est un outil d'évaluation docimologique des pratiques d'enseignement et des compétences en communication orale à partir de barème fiable et valide.
A cet effet, les membres du jury devraient être dotés de compétences pédagogiques et communicationnelles pour pouvoir mener à terme et dans la bonne direction une entrevue constructive avec chaque candidat.

De plus, les membres du jury devraient indiquer et rappeler au candidat d'une manière claire et explicite que c'est la qualité du processus d'enseignement ou de l'acte d'enseigner qui est évalué et non pas la quantité des connaissances exhibée ou mémorisées durant l'épreuve pédagogique.

Par ailleurs, les candidats au concours de maîtrise ont souvent tendance à fournir ou à se procurer des attestations de prestation d'enseignement auprès des apprenants du milieu médical ou paramédical. Ces attestations représentent une pondération quantitative, car les nombres d'heures enseignées ne nous renseignent en rien sur l'acquisition d'habiletés à enseigner ni sur la qualité pédagogique des enseignements et des apprentissages.

L'attestation de prestation d'enseignement est sans valeur ni académique ni pédagogique. Il serait d'une portée éthique d'exiger des médecins, qui désiraient enseigner, une certification en pédagogie pour s'assurer de l'acquisition des habiletés d'enseignement en contexte des sciences de la santé.

L'amateurisme et le bricolage pédagogique devraient cesser impérativement, d'autant que ces pratiques sont inadéquats et inadaptés à la formation médicale initiale des apprenants des sciences de la santé et des sciences infirmières. Il serait souhaitable que l'enseignement médical soit assuré par des médecins hospitalo-universitaires doté d'une double expertise disciplinaire et surtout pédagogique. En effet, se former à la pédagogie médicale pour enseigner représenterait une dimension éthique et déontologique en sciences de la santé.

Evaluer l'épreuve pédagogique serait une responsabilité honorable, mais éminemment morale et requiert une probité intellectuelle. Elle n'est pas aussi facile que l'on prétend, car elle exige des compétences pédagogiques spécifiques en sciences de la santé et des habiletés de communication appropriée pour encadrer, guider et structurer l'entrevue avec le candidat.
Par ailleurs, le barème d'évaluation de l'épreuve pédagogique devrait être conçu en tenant compte seulement des habiletés pédagogiques d'enseignement et de communication orale. Finalement, évaluer l'épreuve pédagogique est souvent perçue comme un acte politique, car une décision importante devrait être prise et qui déterminerait tout un projet de carrière d'un médecin spécialiste.
En conclusion, il est nécessaire de promouvoir une plus grande participation des ressources humaines compétentes en pédagogie médicale afin de faire valoir leur savoir-faire et savoir-agir, que ce soit «au sein ou en dehors», des structures universitaires et des facultés de médecine. Plus importants encore, une réforme majeure des textes et des arrêtés ministériels régissant tous les concours de recrutement des futurs enseignants hospitalo-universitaires seraient plus que nécessaires pour s'adapter à l'évolution de la réalité professionnelle et pédagogique des pratiques d'enseignements.
Finalement, la notion de certification en pédagogie et le concept de l'épreuve pédagogique devraient être soutenus et promus comme outil de sensibilisation, de conscientisation, de sélection et de promotion bien avant l'organisation de tout concours de recrutement, et à tous les paliers de l'enseignement supérieur.

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